Catégorie: La set-list idéale
Play it again at the wrong speed, Sam

Je joue le maxi Politics of pressure de Front 242 en vinyle (la version 3 titres) et, comme un certain DJ du Boccaccio jadis avec A Split Second, je me trompe de vitesse et je le passe en mode 33 tours au lieu de 45 (*). Le résultat, en ce qui concerne Commando Mix, est absolument imparable : le morceau en devient, je trouve, encore plus froid, plus menaçant et plus dansant. Ca cogne nettement plus fort et sonne bien davantage « cold-wave », à vrai dire… Avec l'effet ralenti, certains sons semblent tout droit sortis de Pornography de Cure, ça situe.
Si vous avez le disque, faites le test, je vous assure que c’est bigrement bon.
(*) Pour les jeunes qui n’ont pas connu le vinyle, précisons que les maxis (ou 12 inchs, comme disent les anglo-saxons) avaient le même diamètre qu’un LP mais devaient être écoutés à la vitesse des singles (les 45 tours ou 7 inchs).
All you do to me is talk, talk...

Moi, à la base, les best-of, ça ne m’intéresse pas. Je trouve que ça n’a pas d’âme, une compile. Ca balaie des époques et des contextes différents sans grande cohérence. C’est purement mercantile. Oh bien sûr, vous me direz que ça peut toujours être utile pour découvrir un vieux groupe, quand on en aime une ou deux chansons et qu’on ne sait pas trop quel album choisir en premier... Ou du moins que c’était le cas avant l’ère du tout-numérique, quand les gens achetaient encore des disques. Ouais, ouais… N’empêche que le ‘Very best of’ de Talk Talk, je suis en train de l’user jusqu’à la corde, là… Quel remarquable assemblage de tubes !
Bande-son du week-end : Monster Movie, le premier album de Can

Un chanteur black américain et quatre sorciers allemands du son pondent un disque d’avant-garde, expérimental, sans concessions et résolument anti-commercial. Monster Movie, c’est comme du post-punk avant même l’apparition du punk. C’est James Brown qui chante sur le rock psyché du Velvet Underground. C’est les premiers Pink Floyd avec un gros feeling soul. C’est Public Image Ltd. qui plane sous LSD dans un club de jazz de la Nouvelle-Orléans. C’est Primal Scream en 1969.
En face B, on se prend dans la tronche une improvisation assourdissante de plus de vingt minutes qui nous confirme, si on en doutait encore, que ces musiciens ne fumaient pas que des Gitanes. Corollaire : le chanteur, Malcolm Mooney, sera interné peu de temps après l’enregistrement du disque.
Yes, we Can !
La reprise de la décennie

Les reprises, moi, j’adore. Je raffole des albums tribute et des covers les plus improbables ou décalées, en particulier celles qui parviennent (presque) à faire oublier les versions originales. J’adore la reprise de Heartbreak Hotel d’Elvis par John Cale, celle de Gloria de Them par Patti Smith, celle de Golden years de David Bowie par Marilyn Manson, ou encore celle de Fame, du même Bowie, par Duran Duran (qui a réussi à la rendre encore plus bling-bling que l’originale). Je pourrais en citer pas mal d’autres… Notamment de Dylan, qui reste probablement l’artiste le plus repris de tous les temps.
Dans les années 00’s, j’ai entendu un paquet de bonnes reprises (celle de Dirt des Stooges par Depeche Mode, déjà !), mais la meilleure, la plus audacieuse et la plus efficace, pour moi, cela reste Sorry angel de Gainsbarre par Franz Ferdinand. Celle-ci est parue en 2006 sur l’album Monsieur Gainbourg revisited. Des groupes et artistes, majoritairement anglo-saxons, y reprenaient chacun un titre traduit en anglais – thème imposé – du génie de la provoc. On retrouvait au track-listing, outre Franz Ferdinand, rien de moins que Placebo, Michael Stipe, Jarvis Cocker, Marc Almond, Marianne Faithfull, The Kills, The Rakes, Cat Power, Feist ou encore Carla Bruni (du temps où elle était de gauche) ; une liste prestigieuse qui en dit long sur l'influence qu'a pu avoir Gainsbourg aussi bien outre-Manche qu'outre-Atlantique.
Les Ecossais de Franz Ferdinand, donc, sont ici acoquinés le temps d'une chanson avec Jane Birkin, l'ex-muse du Monsieur. Leur reprise de Sorry angel (un titre extrait de l’album de 1984 Love on the beat) démarre à du cent à l’heure : le tempo est accéléré, la mélodie du refrain est superbement mise en valeur, les guitares déchirent, la batterie cogne et Alex Kapranos s’offre un joli duo vocal très rock et plein de punch avec la Birkin. Tuerie ! J’espère que les Bollock Brothers, qui avaient massacré cette chanson en leur temps, ont écouté attentivement et pris des notes…
Si vous avez d’autres suggestions de Best cover song of the 00’s, n’hésitez pas, lâchez des comms. (LOL)
La chanson la plus écoutée de l'année

Si je me réfère aux statistiques d’iTunes, je peux avoir une idée assez précise de ce que j’ai le plus joué en 2009... et ce même si je n’écoute pas de la musique que sur mon PC, évidemment (aussi beaucoup en voiture et sur ma chaîne de salon). J’ai acheté un nouvel ordinateur il y a moins d’un an, donc les stats iTunes reflètent assez bien mes écoutes de l’année écoulée. Croyez-le ou non, le Top 25 ne comprend QU’UNE SEULE chanson sortie dans les années 00’s. En l’occurrence, c’est U can dance, la collaboration entre DJ Hell & Bryan Ferry, que j’ai qualifiée à sa sortie de « Don’t stop the dance version clubbing » (voir ici). Celle-ci ne figure toutefois qu’en… dixième position du classement.

A place to share,
In every position...
What do you dare ?
What do you care ?
What does your heart say now ? »
Tant qu’à tendre le bâton pour se faire battre, allons-y : le Top 10 de mes écoutes de 2009 comprend cinq chansons de Duran Duran, dont les trois premières du classement… La plus jouée est All she wants is, suivie de Anyone out there et Careless memories. Vous avez dit ringard ? Sauf que j’assume complètement ! All she wants is, ce n’est pas de la pop à la guimauve du tout, c’est un morceau hyper sexy et dansant, bourré de sons house - millésimés 1988 -, doté d’un refrain quasi kraftwerkien, d’un feeling soul et de paroles délicieusement hédonistes. Pour le coup, Simon Le Bon, Nick Rhodes et John Taylor étaient assez proches du trip de Depeche Mode à la même époque (Music for the masses), mais sans se cacher derrière des paroles à double sens et des poses tristounettes.
Les autres groupes présents dans les dix premières places du classement sont les Talking Heads (Cities), Roxy Music (Same old scene), Spandau Ballet (Chant n°1) et Arcadia, un side-project de… Duran Duran (avec Goodbye is forever, en neuvième position). Plus bas, on retrouve aussi Simple Minds (Theme for great cities), encore Roxy Music (The main thing), Soft Cell (Sex dwarf), The Smiths (London), Front 242 (Special forces) et Visage (Moon over Moscow). Soit absolument aucun titre ayant moins de vingt ans. Cela fait de moi un équivalent années 80 de ce que Marc Ysaye est aux 70 ? Si vous voulez, I don’t care… Quand je regarde le top de l'année des Inrocks (avec The XX, Fred Viola, Animal Collective, The Gossip,...) et que j'écoute ce que font ces groupes, je reste perplexe et je retourne bien vite à mes oldies.
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