Catégorie: Nécrologie
Celui qui assassine le dernier produit de Ghinzu

Mon amoureuse ayant décidé de s'offrir le nouvel album de Ghinzu (16,90 EUR au Carrefour d'Auderghem), sorti chez PIAS, je le réécoute et ne peux que confirmer ma première impression lors de la découverte des titres en MP3 voici quelques semaines : ce n'est vraiment pas terrible. Entendons-nous bien, c'est techniquement très au point, mais malheureusement surproduit, formaté, prévisible et surtout dépourvu du moindre soupçon d'originalité. Les musiciens semblent sur des rails (même pas de coke, pour changer...), en pilote automatique ; ils jouent et produisent une soupe pompeuse et sans âme. A aucun moment, ce Mirror Mirror ne semble en mesure d'égaler Blow, son illustre et ô combien recommandable prédécesseur. En douze titres au son beaucoup trop léché (produit par Tikovoï, le saboteur déjà coupable du son de la dernière daube de Placebo), John David Israël/Stargasm/Strelli étale tout son mauvais goût. On le savait fan de Queen et Muse, mais il semble manifestement également très influencé par le plus infect courant musical de tous les temps ; vous aurez compris que je parle du prog-rock. Mais il ne s'arrête pas là, puisqu'on a aussi l'impression d'entendre sur Mirror Mirror du mauvais Sparks par ci et un cover-band miteux des Strokes par là. Et dire qu'ils ont bossé là-dessus pendant quatre ans ! Pourquoi ? Pour devenir les nouveaux Machiavel ? Sans même parler de la pochette, plagiat éhonté de Mirrored de Battles, comme Serge l'expliquait ici.
Et parmi les musiciens du groupe, on retrouve désormais Jean Waterlot, le chanteur de Montevideo, qui me disait il y a trois ans ne pas du tout aimer Ghinzu, ne pas être touché par leur univers... Preuve que nous avons ici affaire à un travail de mercenaires. Des mercenaires qui jouent pour un champion du marketing, et punt aan de lijn.
Pour faire bref, si vous avez aimé Electronic Jacuzzi et/ou Blow, ne faites pas la même erreur que ma bien-aimée, téléchargez le nouvel album illégalement et gardez les 16,90 EUR pour vous offrir le fameux magret de canard à la Kriek du Belgo Belge. C'est le même prix et il offre davantage de plaisir... Ou comment placer une pub pour un resto dans une chronique de disque. Le publiciste Israël doit en être sur le cul !
Celui qui n'aime pas le nouveau Depeche Mode

Je viens d'écouter pour la première fois le nouvel album de DM. Ma réaction à chaud tient en deux mots : infame daube. C'est moche, creux, fade. Où sont les mélodies qui ont fait la légende de Depeche Mode ? Y a rien, là-dedans… Hourglass, le dernier album solo de Dave Gahan, était de loin supérieur à ce Sounds of the universe infect de bout en bout. Ce groupe est mort. Martin Gore est manifestement arrivé en fin de course, et l’absence d'Alan Wilder ne s'est jamais aussi cruellement fait ressentir (le producteur Ben Hillier, qui reprend son rôle en studio, n'est qu'un bricoleur sans imagination).
A moins de se faire produire par Timbaland, je ne vois pas comment ils auraient pu faire pire. Le disque est tellement mauvais que je préfèrerais encore m'infliger l'écoute intégrale de cette immonde saloperie qu'est Metal machine music de Lou Reed (si, si, j’en suis cap !) plutôt que devoir réécouter ce lamentable fiasco. Que des chroniqueurs à la solde d'EMI osent en parler comme du meilleur album du groupe est proprement révoltant. Et leur tournée des stades, ce sera sans moi.
En 2009, DM et U2, même combat.
Celui qui salue la fin d'une époque et pense que c'est toujours mieux de s'arrêter au top

L'info a été révélée hier dans Le Soir : le Dirty Dancing, c'est fini. Après six ans de succès ininterrompu, Cosy Mozzy et Lorenzo Serra quitteront le Mirano en juin pour se consacrer à d'autres projets. En clair, ils ambitionnent de lancer dès cet été un nouveau concept dans un autre lieu (le K-Nal, avenue du Port), et ce en partenariat avec Benoit Vano, l'organisateur des soirées Anarchic. C’est une page de la nightlife bruxelloise qui se tourne car, comme le dit bien la journaliste du Soir dans son article, « en contournant la facilité commerciale, le Dirty Dancing a réussi la gageure – c'en est une à Bruxelles – de brasser les faunes : cols relevés ucclois ou barjots gays peinturlurés, accros de vinyles sauce électro et abonnés places to be ». Le Dirty réussissait également à fédérer rockeurs et fans de house sur la même piste de danse, ce qui n’est pas si courant.
Je crois que tout un public gardera un souvenir ému de ce club que François Kevorkian en personne est allé jusqu'à comparer au légendaire Studio 54. Mais laissons à Cosy Mozzy le soin d'en signer l'épitaphe : « Sans prétention, je pense que le Dirty Dancing a dessiné l'une des trois plus belles époques du mythique Mirano, tout en se forgeant une place dans les clubs les plus respectés du monde ». Dont acte.
Celui qui apprend, ému, le décès de Ron Asheton

Je viens d’apprendre le décès de Ron Asheton, le guitariste des Stooges. Son corps a été découvert hier dans sa demeure du Michigan, où il a apparemment succombé quelques jours plus tôt à une crise cardiaque. Il était âgé de 60 ans.
Ron Asheton et son frère Scott faisaient partie du line-up originel des Stooges, avec Iggy Pop et Dave Alexander. Guitariste et compositeur sur les deux premiers albums, les mythiques The Stooges (dont je vous parlais ici) et Fun house, Ron passa à la basse à la demande d’Iggy pour l’enregistrement de Raw power, en 1973. Il retrouva son instrument de prédilection sur The weirdness le quatrième et dernier (?) album studio du groupe paru en 2007.
Son jeu de guitare cradingue et ses solos aussi lourds que simplistes (I wanna be your dog, qui dit mieux ?) ont influencé la plupart des guitaristes du mouvement punk. On se souvient aussi de lui pour ses provocations, comme lorsqu'il arrivait sur scène raide défoncé, en uniforme d'officier SS, et qu'il fouettait son chanteur jusqu'au sang. C'est sûr, c'était un personnage, Ron Asheton ! Il n'ira peut-être pas au paradis, mais au moins, il s'est bien amusé.
Celui qui est sincèrement ému par la disparition de Guy Peellaert
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