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Dans la peau de Jack Unterweger

Crédit photo : (c) Nathalie Bauer.
J’ai assisté ce mercredi au spectacle pluridisciplinaire de et avec John Malkovich au Palais des Beaux-Arts (« le Bozar »), à Bruxelles. La performance a pour titre The infernal comedy : Confessions of a serial killer et marie librement théâtre, opéra et musique classique - un cocktail surprenant mais franchement réussi. Tour à tour drôle, touchant et inquiétant, John Malkovich y campe Jack Unterweger, un psychopathe autrichien ayant vraiment existé. Reconverti en journaliste et écrivain après avoir purgé sa peine, Unterweger vient présenter au public un livre narrant sa vie, ses amours et, bien entendu, ses crimes. Mais est-il pour autant guéri de sa folie meurtrière ?
Accompagné sur scène par deux splendides cantatrices et l’Orchestre de l’Académie de Vienne au grand complet, John Malkovich, fidèle a lui-même, délivre une performance d’acteur absolument épatante. La musique (de Mozart, Beethoven, Vivaldi...) et les chants des sopranos servent de jonction entre les différentes scènes, ou bien sont utilisés comme appoints pour souligner l’intensité dramatique des scènes jouées.
Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre en prenant place dans la salle, mais je ne serai pas déçu. Seul regret : la pièce étant jouée en anglais, le promoteur bruxellois croit utile de « sous-titrer » le spectacle, en français et en néerlandais, via des écrans rectangulaires suspendus au-dessus de la scène… Avec pour conséquence que le texte du monologue de Malkovich est parfois visible avec quelques secondes d’avance, ce qui est non seulement déplaisant mais aussi ridicule. Autre inconvénient : quand il interpelle un spectateur du premier rang en faisant mine d’improviser une petite entorse au texte, on ne peut pas croire une seconde qu’il s’écarte du script puisque celui-ci continue de défiler au-dessus de lui… Bref, cela casse pas mal la magie quand même, ce sous-titrage.
Le public, malgré tout, semble se régaler de cette performance complète d’un des plus talentueux comédiens actuels. On n’a pas tous les jours l’occasion de voir une superstar du cinéma américain en chair et en os, et c’est sans doute ce qui fait du spectacle un tel succès (les préventes ont été écoulées en un temps record). Des dames très élégantes font honneur au lieu et à l'évènement, elles ont pris la peine de sortir leurs plus beaux tailleurs ou robes de créateurs, tandis que d’autres viennent au spectacle habillés comme s’ils allaient tondre leur pelouse (cela fera dire à ma charmante compagnie que « On voit tout de suite qui sont les gens de gauche ») ; triste époque.
Preuve que cette représentation unique est vraiment le place to be culturel de la semaine, plusieurs personnalités politiques de premier plan comme José Manuel Barroso, Didier Reynders, Freya Van den Bossche, mais aussi des têtes connues du monde des affaires et du cinéma belge sont bien en vue dans les premiers rangs. Pour voir et être vus, en somme.
430 commentaires
Ah ah ah ! :-)
Deuxième commentaire : texte pris au second degré.
... ou pas.
Et c'est peut-être à ça que l'on reconnait les gens de droite, alors. Ce qu'ils ont pour les gens qui ne sont pas "eux".
Jérôme va voir un spectacle de John Malkovitch, et sa chronique se résume à: "le théâtre, c'est chic".
Tu étais dos aux panneaux de sous-titrage et tu n'as rien compris en fait ?
Serge a raison: à chaque article que tu rédiges, tu tends le bâton pour te faire battre.
Ils n'ont pas tout à fait tort et c'est pour ça que j'étais étonné d'y découvrir ce matin une analyse politique assez intelligente, plutôt bien argumentée et même relativement atypique, voire courageuse, dans le milieu médiatique mainstream belge.
Tout arrive... Je le copicolle ici :
"La démocratie fout-elle le camp ?(15/05/2010)
Si des élections sont en vue, le sentiment que la démocratie s’effiloche s’installe
BRUXELLES Un déficit démocratique est-il en train de s’installer en Belgique ? Si l’absence de données statistiques, d’études et de recherches sur cette question est une réalité, la présence de signaux d’alerte l’est tout autant.
Ainsi, ces derniers temps, se révèlent au grand jour des situations et des discours qui en disent long sur la fracture entre le monde politique et le citoyen.
Le premier ayant de plus en plus de mal à jouer le jeu de la transparence, de l’ouverture et de l’attention aux légitimes revendications citoyennes. Le second utilisant allégrement les moyens de communication mis à sa disposition pour clamer son désaccord.
Des exemples ? Les péripéties liées à la gestion de la grippe A/H1 N1 : des pouvoirs spéciaux obtenus sans aucun vote d’opposition; le libre choix thérapeutique réduit à sa plus simple expression en l’absence d’un vaccin sans adjuvant; un enregistrement des données relatives aux personnes vaccinées organisé via le système électronique e-health, alors que les médecins le refusent par respect du secret.
Et cerise sur le gâteau, les toutes récentes révélations concernant le contrat sordide conclu par Laurette Onkelinx (PS) avec GSK, sans demande de la présidente de la commission Santé de la chambre, Thérèse Snoy (Écolo) d’un droit de regard du gouvernement sur la transaction menée par la ministre de la santé Laurette Onkelinx. Il s’agissait pourtant d’engager, dans ce contrat, la santé des citoyens ainsi qu’un budget colossal de plus de 100 millions d’euros.
La préparation des élections est également riche d’enseignements : à l’heure du dépôt des listes électorales, candidats déboutés et citoyens affirment avec force, via réseaux sociaux, blogs, forums, courriers de lecteurs, qu’ils ne sont pas dupes quant aux bâtons mis dans les roues des petits partis souhaitant se présenter sur l’échiquier politique.
Et même des journalistes politiques de la RTBF se retrouvent frustrés de ne pouvoir pourtant interroger ces petits partis sur des points bien précis, et les confronter aux quatre partis installés dans le paysage politique. Face aux micros tendus des étudiants universitaires font savoir qu’il ne sert à rien d’aller voter, puisque la Belgique est devenue une particratie.
Et voilà que des artistes se voient refuser la présence, face au 16 rue de la Loi, d’une sculpture représentant Jean d’Anonyme, un homme au bord de la crise de nerf. Si l’on ajoute à cela le fait que la Belgique est un pays où la consultation populaire n’est pas de mise, la boucle est bouclée, diront certains.
Tiens, au fait, les députés ont-ils prévu le référendum dans les points de la Constitution à réviser ?
Rosetta Flochon
© La Dernière Heure 2010"
http://www.dhnet.be/infos/belgique/article/311242/la-democratie-fout-elle-le-camp.html
Et puis j'aime bien le pseudo du(de la) journaliste, il sonne un peu white trash des anciens bassins industriels wallons, comme le mien... :-)
votre message m'a fait sourire, ce matin, à plus d'un titre : votre étonnement de voir un tel article dans la DH, et votre humour à propos de mon peuso pseudo. Eh bien non ! Il s'agit bien de mes n prénom et nom. Rosetta (mes origines italiennes) Flochon (le nom d'épouse d'un français) (vous pouvez aller sur google pour vérifier ...). Il vous restera donc à commenter sur le fait que je suis peut-être une femme qui n'a pas froid aux yeux pour oser signer, sans se cacher, un article qui secoue le cocotier ...
Sans aucune rancune, et, vraiment, avec le sourire.
Rosetta Flochon
Permettez-moi de me confondre en une logorrhée d'excuses aussi plates que ma méprise fût triviale, Madame ! Heureusement que je vous avais complimenté sur votre article, ça a sûrement aidé à mieux dissoudre la pilule au fond du bassin industriel. Mais j'avais vraiment l'impression que certains journalistes de la DH écrivaient sous pseudo. Il y avait, par exemple, cette Emmanuelle Praet, subitement disparue et presque aussitôt remplacée par un certain Nawal Bensalem qui traîte des mêmes sujets, exactement de la même façon.
A part ça, je suis soulagé de voir que vous le preniez avec humour.
Ce genre de noblesse est malheureusement de plus en plus rare, tout comme l'intelligence, le conviction et la déontologie que j'ai pu retrouver dans votre article. C'est pas demain qu'on verra un Question à la Une sur le même sujet.
Et je suis bien d'accord avec vous, vous avez d'autant moins froid aux yeux que vous n'hésitez pas - soit à vous lever très tôt - soit à vous coucher très tard, Chère Madame.
Courtoisement,
Debbie Pinson
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