Musique, polémiques, etc.

Catégorie: Décadence en milieu urbain

Brian Wilson à l'AB : live review formatée

Permalien 26/09/11 19:28 , Catégories: Décadence en milieu urbain

Comme je l’ai déjà fait dans le passé avec, entre autres, Frondeuk au Vooruit (ici), ou encore Morrissey à la Rockhal (), allons-y pour une review formatée du concert de Brian Wilson à l’Ancienne Belgique, jeudi passé. Un Beach Boy à l’AB en 2011, qui l'eut cru ?

A l’affiche : Une légende vivante de la pop, ex-leader, compositeur et producteur des Beach Boys, à qui l’on doit les chefs-d’œuvre immortels Pet sounds et Smile, en plus de toute une moisson de tubes de surf-rock. En 2011, l'ainé (et seul survivant) de la fratrie Wilson a 69 ans mais en fait dix de plus et se déplace sur scène tel un bonze, maladroit et un peu gauche. Physiquement, ses longues années de défonce, de débauche et d'interminables dépressions nerveuses ne l’ont pas laissé indemne...
Il se présente ce soir à Bruxelles entouré de quatorze (!) musiciens, dont une classieuse section de cordes, afin de défendre son album de reprises de George & Ira Gershwin.

Première partie : Original, Brian Wilson assure ce soir sa propre première partie. Arrivé à 20h précise sur scène, il joue d'abord l’intégralité de son album Brian Wilson reimagines Gershwin (quatorze titres), dans l’ordre. Les spectateurs écoutent poliment et ne manifestent aucune lassitude, même si la plupart attendent vraisemblablement autre chose... La prestation achevée, le groupe se retire en coulisses tandis qu’un des choristes annonce que le show se poursuivra après un break d'une vingtaine de minutes. Lorsque le groupe réapparait pour le second set, il joue vingt-cinq (!) morceaux des Beach Boys.

Le lieu : L’Ancienne Belgique, une des meilleures salles d’Europe, qu’on ne présente plus. Ce soir, le hall est en configuration AB Flex, c’est-à-dire qu’en plus des balcons et gradins, plusieurs rangs de places assises ont été installés derrière la fosse afin de permettre à davantage de spectateurs de disposer d’un siège. Les organisateurs tiennent en fait simplement compte de l’âge avancé d’une partie du public de Wilson... Sans grande surprise, le concert affiche complet.

Le public : Majoritairement néerlandophone et comptant beaucoup de fans à cheveux blancs, ou gris, même si un certain nombre de spectateurs plus jeunes se disputent également les places des premiers rangs de la fosse. Il s’agit d’un public connaisseur, enthousiaste et très respectueux.

L’ambiance : Excellente, surtout pendant le second set. Beaucoup de fans sont bouche bée du début à la fin, comme pétrifiés de se trouver en présence physique d’un tel monstre sacré. On entend parler autour de nous de « Dieu vivant » ou encore de « Mozart de la pop ». Ces fans vivent les extraits de Pet sounds la main sur le cœur. Quelques-uns à côté de moi pleurent même à chaudes larmes pendant l’interprétation ô combien touchante de God only knows.

La set-list : Quarante titres en tout : l’intégralité de l'album de reprises de Gershwin suivie d’un pot-pourri des Beach Boys. Wilson revisite avec brio les plus grands succès du groupe (Good vibrations, I get around, California girls, Help me Rhonda, Surfin' USA,…), mais aussi d’obscures plages d’albums (Catch a wave, Surfer moon). Cerise sur le gâteau : quatre morceaux de Pet sounds (Wouldn’t it be nice, Sloop John B., God only knows et l'instrumentale Pet sounds) sont joués à la perfection. Pendant cette séquence, je ferme les yeux et vis une expérience presque cosmique.

Appréciation générale du show : Exceptionnelle ! Il est peut-être devenu vieux, gras, à moitié fou, et ressemblant davantage au bonhomme Michelin en chemise hawaïenne qu'à l'idée que l'on se fait d'un songwriter de génie, Brian Wilson n’a rien perdu de sa voix ni de son charisme. Et quelle générosité ! Même s’il laisse parfois à ses adjoints le soin de chanter intégralement certains morceaux (comme c’était déjà le cas dans les Beach Boys, du reste) tout en faisant semblant de jouer du clavier (instrument qui ne sert qu'à justifier le fait qu'il passe tout le concert assis), il est là, devant nous, et sa présence irradie de son aura quasi mystique. Brian Wilson, comme Lou Reed ou David Bowie, est un de ces géants qu’il faut avoir vu sur scène au moins une fois dans sa vie. Et cette occasion-ci était peut-être bien la dernière…

10 commentaires »

:: Suivante >>

Contact | Blog skins by Asevo | Crédits: blog software | hebergeur | adsense