Catégorie: Coups de coeur
The return of the Thin White Duke

Voici le track-listing de la réédition 2010 de Station to station.
CD 1
Station To Station
Golden Years
Word On A Wing
TVC15
Stay
Wild Is The Wind
CD 2 - Live Nassau Coliseum '76
Station To Station
Suffragette City
Fame
Word On A Wing
Stay
Waiting For The Man
Queen Bitch
CD 3 - Live Nassau Coliseum '76 Continued
Life On Mars?
Five Years
Panic In Detroit
Changes
TVC15
Diamond Dogs
Rebel Rebel
The Jean Genie
Je bande.
Mes nuits avec Géraldine, Jak, Loïc et les autres...
J’ai assisté ce mois-ci à deux petits concerts au sujet desquels j’ai envie de vous dire quelques mots.
. Tsuki Moon à Ixelles, au Théâtre de la Flûte Enchantée, le dimanche 6 juin.

Credit photo : (c) Frédéric Oszczak, SOFAM.
Tsuki Moon est le dernier projet en date de Géraldine Buxant, chanteuse, musicienne et touche-à-tout bien connue du milieu rock belge. Souvenez-vous, c'est dans Michel Drucker Experience qu'on a découvert cette vraie citadine, native de Charleroi et maintenant installée en plein centre de Bruxelles. On a ensuite suivi ce petit bout de femme au tempérament furieusement rock n’roll dans Plastic Think (je vous en parlais ici), plus brièvement ; mais elle a aussi été rock critic, manageuse, organisatrice de concerts, etc. Elle se lance maintenant dans une carrière de songwriter solo, avec la sortie d’un premier E.P., The sun will rise again, mixé par le guitariste des Vismets.
Pour l’un de ses tout premiers concerts sous la bannière de Tsuki Moon, Géraldine se produit une nouvelle fois dans le cadre intimiste et feutré des Soirées Cerises à la Flûte Enchantée, à ma connaissance le plus petit théâtre de Bruxelles (une trentaine de places assises maximum, à vue de nez). Pour l’occasion, elle est accompagnée du jeune guitariste et chanteur anglais Jak Raven, 21 ans au compteur, qui étudie la Musique à Brighton. Avec sa dégaine de rock-star sulfureuse à la Pete Doherty, ou Paul Simonon à qui il ressemble encore davantage, Jak apporte un véritable surplus de personnalité, de charisme et de feeling rock à la prestation de Tsuki Moon. C’est un public visiblement séduit qui écoute le duo interpréter les chansons de Géraldine (plus une compo perso de Jak, sur la fin), mélange adroit d'indie-rock et de folk mélancolique, quelque part entre l'univers d'une Cat Power, de Shannon Wright et de PJ Harvey. Le mariage de leurs deux jolies voix et la complémentarité de leur jeu de guitares réussissent à séduire l'assistance. A en juger par les regards complices qu’ils s’échangent, les musiciens passent, eux aussi, un excellent moment. Il faudra toutefois réentendre les chansons de Géraldine en live sans son partenaire d’un soir - Jak n’a pas vocation à faire partie du projet à plus long terme -, pour jauger de la viabilité de son set. Seule certitude en attendant : ses morceaux ont un potentiel énorme.
Pour l’anecdote, Jak Raven expliquait à l’issue du concert, joint au bec et Jup en main, qu’il n’avait pas de quoi rejoindre l’Angleterre et qu’il allait donc devoir faire la manche avec sa guitare dans Bruxelles, ou essayer de trouver des petits concerts à jouer pour pouvoir gagner de quoi reprendre l’Eurostar… Comme les Clash à Paris en 76.
. Loïc B.O. à Woluwe-Saint-Lambert, au Cook&Book, le mardi 29 juin.

Loïc B.O., c’est Loïc Bodson, le chanteur de Flexa Lyndo, un groupe namurois pour lequel j’ai beaucoup de sympathie (Slow Club, leur dernier album, était une vraie perle !). Même s’il m’a dit que Flexa préparait un nouvel opus, Loïc continue d’écrire et jouer en parallèle des chansons sous son seul nom. Il présentait hier son nouvel album, Million dreams (ci-dessus), à l’occasion d’un showcase dans la salle Musique du fameux libraire / restaurant / disquaire / bar Cook&Book, à Woluwe. Vu que j’habite à moins d’un kilomètre de là, et que je hante l’endroit à longueur d’année, je ne pouvais pas manquer cette soirée, d’autant que je n’avais plus vu Loïc en live depuis très longtemps (la dernière fois, ça devait être aux Nuits du Bota en 2005 ou 2006, je pense…).
Sur scène, Loïc est accompagné de trois musiciens - The Frantic Lovers - qui donnent corps à ses compositions. A sa droite, Emma Meurice (vue dans Me & My Machines et le groupe de Mark Gardener, entre autres) au violon et au piano, aussi en charge des secondes voix. A sa droite, la très grande (et très belle) Valérie Balligand, violoncelliste et choriste (vue aussi chez Nicola Testa, tout comme Emma). Et derrière ce joli trio, face à un mur de disques vinyles de Roxy Music, Otis Redding et les Talking Heads, trône l’élégant Kevin Guillaume (de Paperweight et d’autres), qui alterne la batterie, la… guitare, et même un peu de chant. Loïc, quant à lui, se partage entre son micro, sa six-cordes électrique et le piano à queue du Cook&Book.
La musique que proposent ces quatre-là peut se résumer par un mot : envoutante. Face à la petite cinquantaine de personnes présentes (la salle ne peut pas en accueillir beaucoup plus…), ils ont joué avec le même sérieux et la même passion que s’ils chantaient devant l’Ancienne Belgique comble. Malgré une chaleur suffocante - qui incitera certains spectateurs à plutôt écouter le concert depuis la terrasse extérieure -, ils nous ont régalés de leurs mélodies légères, de leurs atmosphères délicates, de leurs ambiances vaporeuses et de leurs vocalises éthérées. En vérité, j’ai parfois eu l’impression d’entendre du Flexa Lyndo période Live au Théâtre de Namur - un disque que j’adore -, mais sans les parties de guitares post-rock. C'était tout simplement beau.
Tsuki Moon et Loïc B.O. sont deux projets que je retournerai voir en live dès que possible.
Ces socialistes qui voteront MR

Dans son article Lettre à mes amis socialistes qui ont le blues, paru dans le dernier numéro du magazine Le Vif/L’Express, le journaliste de sensibilité progressiste Claude Demelenne ne cache pas qu’il a l’intention de voter… MR ce dimanche 13 juin. Après avoir toujours voté et milité à gauche, il fait le constat que "le PS est en train de devenir, dans certains quartiers, un parti confessionnel musulman." Il s’en prend ouvertement à Philippe Moureaux, le tout-puissant calife de Molenbeek, qui "fait l’éloge du Frère musulman, Tariq Ramadan" et "dénonce ce qu’il appelle les « laïcards », qu’il raille parce qu’ils défendent une école sans voile islamique". Demelenne déplore encore que "le PS mise sur le candidat des mosquées, Jamal Ikazban, 6ème sur sa liste, plaidant pour que le Hamas islamiste soit retiré de la liste européenne des organisations terroristes."
Il s’émeut aussi des conséquences concrètes de la politique islamo-gauchiste menée à Bruxelles depuis de nombreuses années : "Les émeutes à répétition, à Molenbeek notamment, montrent la faillite du discours d’assistanat et de victimisation. L’argument de la « cause sociale » de la délinquance est trop simpliste. Celle-ci s’explique aussi par le sentiment d’impunité et le discours anti-sécuritaire d’une partie de la gauche."
Claude Demelenne ne votera donc plus PS. Il n’accordera pas davantage son suffrage, comme le font certains intellectuels marxistes, à des partis alternatifs comme le PTB+ et le Front Des Gauches. Non, il n’en fait pas mystère, il votera MR. Il explique pourquoi en ces termes : "Certains libéraux défendent mieux nos acquis – laïcité, égalité hommes-femmes… - que les « progressistes » convertis à l’islamo-municipalisme." Et de citer nommément Alain Destexhe et Viviane Teitelbaum, respectivement 4ème et 5ème candidats MR à la Chambre à Bruxelles, comme étant les candidats ayant sa préférence.
Le rapprochement de Claude Demelenne avec le sénateur Destexhe n’est pas neuf. L'an passé déjà, ils avaient cosigné le livre Lettre aux progressistes qui flirtent avec l’Islam réac, qui dénonce les accointances électoralistes des partis de gauche - et d’Ecolo en particulier - avec les milieux intégristes islamistes (je vous en parlais ici).
Toutes les vérités sont bonnes à dire

J’aime beaucoup Denis Ducarme. Denis, je l’ai connu il y a une bonne dizaine d’années, quand j’étais un militant actif des JRL, les jeunes du PRL, devenu depuis lors le MR. Oh, ce n’était pas un grand pote… On se croisait aux manifestations du mouvement, on se disait bonjour, sans plus. Il n’était pas encore député fédéral, bien sûr, mais à l’instar de Charles Michel et Renaud Duquesne, il était un « fils de », et l’on se doutait qu’il serait un jour appelé à jouer un rôle en vue dans le parti. Pas seulement parce qu’il était fils de ministre, mais aussi parce qu’il avait déjà un charisme exceptionnel, un charme ravageur (c’est peu dire qu’il plaisait aux femmes !), de vrais talents d’orateur et une capacité peu commune à faire adhérer à ses idées. Et le succès en politique n’a pas tardé, puisqu’en 2003, il a été élu pour la première fois à la Chambre, à 29 ans à peine.
Aujourd’hui, Denis représente l’aile la plus à droite du Mouvement Réformateur. Il fait partie, avec Alain Destexhe, Armand De Decker et quelques autres, des élus les plus intransigeants sur les questions de la laïcité, de la sécurité et de l’immigration. Auteur du livre Islam de Belgique, entre devoir d’intégration et liberté religieuse (éditions Luc Pire, 2007), que chacun devrait lire, il est aussi, avec Daniel Bacquelaine, l’initiateur de la loi interdisant la burqa, une première mondiale qui fait de la Belgique un véritable exemple. Il a également multiplié les prises de positions fortes contre le port du voile, l’entrée de la Turquie dans l’Europe, etc.
Dans une interview accordée à La Dernière Heure ce jeudi, Denis a abordé divers sujets "tabous" et explicité sa vision des choses en ce qui concerne l’octroi de la nationalité belge, un privilège que l’on jette bien trop facilement à la tête de gens qui ne la méritent pas ou, pire, n’en veulent pas. Voici quelques extraits de cette interview sans langue de bois :
Au sujet de l’immigration :
“Les migrants doivent représenter une plus-value pour le pays d’accueil plutôt que d’être générateurs de tensions sociales et d’appauvrissement. Il y a eu un laxisme incroyable en matière d’immigration, ce qui a créé des tensions sociales et des zones de ghetto. Il faut absolument que les choses changent en fixant des limites dans plusieurs domaines.”
Au sujet des regroupements familiaux :
“Actuellement, pour prendre une personne en charge avec un visa de trois mois, il faut la preuve de la capacité d’accueil. Il faut bénéficier d’un revenu mimimum de 800 euros. Ce qui est très faible, mais le plus incroyable c’est que l’accueillant peut inclure ses allocations de chômage dans ces 800 euros. Il accueille donc un étranger à charge de l’État ! L’immigration zéro n’existera pas mais laisser des gens au chômage accueillir des membres de leur famille en Belgique qui demandent ensuite la nationalité, ça c’est inacceptable. Il faut qu’ils aient les moyens de les assumer.”
Ce n'est pas une préoccupation anecdotique : en 2009, 43.266 demandes de regroupement familial ont été introduites en Belgique.
Au sujet de la nationalité belge :
“L’acquisition de la nationalité belge est beaucoup trop facile. Dans un bon nombre d’autres pays, la nationalité se mérite. Je plaide pour un système à l’anglaise. Il faudrait instaurer un examen comme condition à l’acquisition de la nationalité. Il faut une volonté d’apprentissage d’une des langues nationales. La Flandre n’a pas que de mauvaises idées, il faut s’inspirer de leur système de cours de langue obligatoire pour les nouveaux résidents. Pour acquérir la nationalité, il faudrait également suivre des cours de citoyenneté, de civisme.”
Au sujet de la population carcérale :
“40 % de la population carcérale est étrangère. Si on renvoyait les étrangers purger leur peine dans leur pays, cela ferait beaucoup de place dans nos prisons. Un détenu coûte 125 euros par jour, la collectivité paie cela.”
A ce chiffre de 40 % que cite Denis, il convient d’ajouter les détenus belges d’origine étrangère, dont certains ont la double nationalité (c'est le cas des belgo-marocains, par exemple) et pourraient donc également purger leur peine dans leur pays d'origine. De bonne source, en Belgique, les allochtones, toutes nationalités confondues, représentent plus de 80 % de la population carcérale.
Au sujet des expulsions d’immigrés clandestins :
“L’Office des étrangers adresse via la police des ordres de quitter le territoire aux illégaux mais le problème c’est que ni l’Office ni la police n’ont les moyens de vérifier que ces ordres de quitter le territoire sont respectés. Il est temps là aussi d’appliquer une politique beaucoup plus stricte.”
Denis a un très grand mérite, celui d'être l’un des seuls élus d’un parti démocratique francophone qui ose dire tout haut ce que la population belge pense tout bas. Ce sont vers des candidats de sa trempe, et vers le MR en général, que doivent massivement se diriger nos votes le 13 juin. Les électeurs de droite feraient une grande erreur en se laissant séduire par les élucubrations du PP de Monsieur Mischaël Modrikamen-Donaldson, car le vote PP ne fera, au final, que renforcer l'importance du cartel de gauche PS-CDH-Ecolo au pouvoir. Plus que jamais, le MR reste la seule option crédible à droite. Le seul vote utile.
Souvenirs de vieux nightclubbers

Je ne suis d’ordinaire pas (du tout) amateur de compilations, mais celle-ci me donne juste envie de me relever la nuit pour l’écouter encore et encore… Sortie il y a tout juste quatre ans, Only after dark est une sélection réalisée pour EMI par Nick Rhodes et John Taylor de Duran Duran. Le but était de recréer l’ambiance particulière du Rum Runner, le club de Birmingham à la mode à la fin des années 70 et au début des 80's lorsque, selon les historiens du rock, "un nouveau son glam/punk/électronique commençait à se cristalliser".
L'histoire de Duran Duran est étroitement liée à ce club branché. Avant que le groupe perce, Nick Rhodes y était DJ et John Taylor portier. Roger Taylor y a travaillé au bar et les deux autres en étaient des clients réguliers. La boîte fut un temps, de jour, leur local de répétition, mais aussi, la nuit, leur tout premier lieu de concert… et de débauche. Quant aux gérants de l’établissement, les frères Berrow, ils sont devenus les managers du groupe, avec le flair et le sens des affaires que l’on sait.
Ces dix-huit titres ici sélectionnés sont donc garantis être représentatifs de la play-list sur laquelle l'on dansait au Rum Runner à cette époque.
1. The Human League - Being boiled
2. Yellow Magic Orchestra - Computer games
3. David Bowie - Always crashing in the same car
4. The Psychedelic Furs - Sister Europe
5. Simple Minds - Changeling
6. Mick Ronson - Only after dark
7. John Foxx - Underpass
8. The Normal - Warm leatherette
9. Bryan Ferry - The ‘in’ crowd
10. Brian Eno - The true wheel
11. Tubeway Army - Are friends electric ?
12. Kraftwerk - The robots
13. Donna Summer - I feel love
14. Wire - I am the fly
15. Magazine - Shot by both sides
16. Grace Jones - Private life
17. Iggy Pop - The passenger
18. Ultravox - Slow motion
On attend maintenant avec impatience que Steve Strange et Rusty Egan nous sortent le même disque consacré au Blitz londonien période 1980-81, soit le berceau du controversé mais ô combien délicieux mouvement Nouveau Romantique...
"He's got the whole world behind him, he's Brian Eno."

Une génération d’auditeurs âgés de quinze à, disons, vingt-trois ans, découvre en ce moment Brian Eno par la grâce des minets de MGMT.
Leur nouvel album ne vaut pas un clou, mais l’hommage qu’ils y rendent à Eno est beau à pleurer (voyez ma chronique ici).
Même s’il s’est recyclé en producteur de groupes de rock pour beaufs comme U2 et Coldplay, Eno reste une divinité de la pop. Un sorcier du son. Le Leonardo da Vinci de la musique contemporaine.
Aux kids qui le découvrent aujourd’hui par le biais de MGMT (ou de Coldplay, mouhaha !), je conseille en priorité l’écoute des bijoux suivants :
- Before and after science (1977) : Le plus accessible et sans doute le plus représentatif de l’artiste. Du rock arty façon Talking Heads cohabite harmonieusement avec des plages instrumentales ambient.
- Here come the warm jets (1973) : Son premier album solo, juste après son départ de Roxy Music et dont il constitue en quelque sorte un prolongement. A l’exception de Bryan Ferry, tous les membres du groupe ont participé à sa réalisation. C'est logiquement son disque le plus glam.
- Another green world (1975) : Complexe, mais fascinant.
- My life in the bush of ghosts, avec David Byrne (1981) : Un chef d’œuvre de musique expérimentale, précurseur du sampling et de la world-music.
- Music for airports (1978) : Le tout premier album officiellement labellisé ambient.
Dans cet ordre-là.
Nous sommes en 2010 et vous n'êtes qu'à quelques clicks de toutes ces enivrantes merveilles.
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