Catégorie: Coups de coeur
Petit ours deviendra grand

La folk, l’indie-pop acoustique à la Elliott Smith, Bon Iver, Sufjan Stevens et consorts, en général, ça ne me parle pas beaucoup. Allez savoir pourquoi, je me suis pourtant laissé séduire par cet album d’un groupe belge au nom improbable (l’ours qui n’était pas, késako ?), apparemment tiré du titre d’un livre pour enfants.
(La suite, très vite, sur Pop-Rock).
Oiseaux de nuit

Hermanos Inglesos, ce sont bien des frères, comme le nom l’indique, mais ils n’ont rien d’espagnol. Ils s’appellent Didier et Cédric Engels et sont issus de la scène gantoise. Après s’être fait remarquer comme DJ’s, notamment au Culture Club, tout s’enchaîne : ils remixent dEUS, commencent à produire leurs propres tracks, tournent un peu partout en clubs et en festivals, sympathisent avec Tiga et décrochent une signature chez PIAS. The wander of you, qui sort le 29 mars, est leur premier album.
(La suite, dans la semaine, sur Pop-Rock.com).
Paroles, paroles...

Delon. Pourriture, salaud, saloperie, connard, enculé, enflure, enfoiré, raclure, voyou, égoïste, sale type notoire, alcoolique, pervers, colérique, irritable, soupe-au-lait, violent, raciste, xénophobe, antisémite, islamophobe, homophobe, mysogine, extrémiste, intolérant, infréquentable, scandaleux, outrageant, provocateur, conservateur, prétentieux, vaniteux, orgueilleux, pédant, arrogant, hautain, égocentrique, asocial, rustre, bagarreur, mal élevé, imbuvable, imbu de lui-même, insupportable, impitoyable, méprisant, méprisable, érotomane, obsédé sexuel, dégénéré, donneur de leçons, insolent, menteur, affabulateur, arriviste, cupide, avare, pingre, radin, vieux, mythomane, fraudeur, évadé fiscal, mauvais père, mari volage, lepéniste, sarkozyste, etc., etc. ? Peut-être, mais il dispute quand même à Jean Marais le titre de plus grand acteur français de tous les temps. Na !
Au menu chez les Delvaux ce soir : Mélodie en sous-sol, Rocco et ses frères ou bien Plein soleil ? On va réfléchir à ça dans les minutes qui viennent, devant une excellente bouteille de rouge...
Bande-son du week-end : Monster Movie, le premier album de Can

Un chanteur black américain et quatre sorciers allemands du son pondent un disque d’avant-garde, expérimental, sans concessions et résolument anti-commercial. Monster Movie, c’est comme du post-punk avant même l’apparition du punk. C’est James Brown qui chante sur le rock psyché du Velvet Underground. C’est les premiers Pink Floyd avec un gros feeling soul. C’est Public Image Ltd. qui plane sous LSD dans un club de jazz de la Nouvelle-Orléans. C’est Primal Scream en 1969.
En face B, on se prend dans la tronche une improvisation assourdissante de plus de vingt minutes qui nous confirme, si on en doutait encore, que ces musiciens ne fumaient pas que des Gitanes. Corollaire : le chanteur, Malcolm Mooney, sera interné peu de temps après l’enregistrement du disque.
Yes, we Can !
Chaudes adolescentes pour bouillants trentenaires

J’ai acheté chez Nuits de Chine (un magasin d’articles érotiques vintage, place Fontainas) un DVD consacré à Marilyn Jess. Si vous ne la connaissez pas, Marilyn Jess est une actrice française qui tenta tant bien que mal, au début des années 80, de prendre la place de superstar du X laissée vacante par Brigitte Lahaie. Et moi, bien qu’ayant toujours été plutôt attiré par les brunes, Marilyn Jess est l’une de ces petites blondes pétillantes aux courbes de rêves qui a le don de me faire fondre sur place. C’est ce qui m’a incité à acheter ce DVD qui présente trois de ses films, dont Chaudes adolescentes que j’ai particulièrement apprécié.
Chaudes adolescente a été réalisé en 1980 par Gérard Kikoïne. A cette époque, la vidéo n’existait pas. Le seul moyen de visionner un film pornographique était donc de se rendre dans un cinéma porno. C’est une démarche que tout le monde ne faisait pas, ce n’était pas aussi simple que de télécharger une vidéo sur internet. Rendez-vous compte, il fallait prendre sa voiture, se garer, faire la file entre les pépés lubriques, dire « Bonsoir Madame, je voudrais une place pour Chaudes adolescentes » à la caissière, payer son billet et s’installer ensuite dans une petite salle, à côté de parfaits inconnus. Et là, des gens se masturbaient au vu de tous, des couples faisaient l’amour, d’autres se contentaient de mater… On croisait des vicelards mais aussi Monsieur et Madame Tout-le-monde. Votre femme de ménage ou votre patron. C’était dans cette période charnière entre l’après Mai 68, la libération des mœurs et la découverte du Sida.
Et Chaudes adolescentes, donc, est sorti dans ce contexte. C’est l’un de ces films dotés d’un scénario (si, si), voire même d’un semblant d’intrigue (à en croire Gérard Tikoïne, c’était la norme avant l’apparition de la vidéo). Ce n’est certes pas du Coppola ou du Scorsese, mais ce n’est pas non plus une vulgaire succession de banales scènes de cul. Il se passe quelque chose, il y a une histoire, des dialogues pas trop mal ficelés, les acteurs jouent plutôt bien (Marilyn Jess, ce n’est pas Catherine Deneuve, mais on se comprend) et il n’est pas rare de voir passer près de quinze minutes sans apercevoir la moindre paire de seins ou de testicules à l’écran. Bref, on reste encore très loin des standards du X d’aujourd’hui, à savoir le gonzo : une absence totale de récit, la caméra à l’épaule avec prises de sons directes, cinq ou six mecs body-buildés et une fille refaite de partout qui se fait triple-pénétrer à la chaîne.
Cela en fait aussi un film sympa à regarder en compagnie féminine, car les scènes, bien que hard, ne sont pas trop dégueulasses ou vulgaires. En outre, les filles y sont plutôt mises en valeur. Ici, ce sont elles qui utilisent les hommes comme des objets sexuels et en disposent, et non l’inverse comme c’est presque toujours le cas dans les très machistes productions américaines actuelles (*).
Une autre curiosité du X de cette époque, c’est l’apparence des femmes, leur aspect « naturel », réaliste. Les poitrines n’étaient pas siliconées et certaines actrices, sans être grosses, étaient bien en chair. Mais la première chose qui frappe, au risque de vous faire sourire, c’est la pilosité de leur entre-jambes. De nos jours, l’épilation intégrale est presque devenue la norme dans le cinéma X, vous en conviendrez. Mais en 1980, l’épilation du maillot se limitait précisément à ce qui dépasse du maillot. Les femmes arboraient toutes un pubis très touffu, ce qui, il faut bien le dire, choque un peu l’œil aujourd’hui.
Pour le reste, Chaudes adolescentes présente une esthétique très 1980 sans verser outrancièrement dans le kitsch ou le mauvais goût. Marilyn Jess et sa camarade de jeu (Laura Clair), vêtues de rouge et de noir, roulent dans Paris en décapotable la nuit, ne se séparent pas de leurs lunettes de soleil pour faire l’amour, le champagne coule à flots au bord de la piscine… Bref, on a parfois l’impression de se trouver dans un clip de Roxy Music période Flesh and blood.
Attention, si vous décidez de visionner le film (il est apparemment facile à trouver en torrent), la première scène a de quoi vous laisser sur le cul ! Je peux vous assurer que vous ne verrez plus jamais une femme passer l’aspirateur de la même manière après cela.
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(*) Personnellement, je n’ai pas trop d’affinités avec le porno moderne. Je trouve les productions actuelles malsaines (le gonzo, pitié !). Les réalisateurs semblent tous être tristement embarqués dans une surenchère à qui sera le plus hardcore. Les femmes sont systématiquement présentées comme des objets et les actrices se voient souvent contraintes d’accepter des pratiques de plus en plus violentes si elles veulent percer (ou simplement durer) dans le métier. Voir à ce propos Gang Bang, le livre édifiant de Frédéric Joignot sur l’industrie du X (Editions du Seuil, 2007).
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