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Celui qui inaugure son Guide du soiffeur
C’est une tradition : un jeudi soir veille de bank holiday est synonyme de tournée entre potes des bistrots, stameneis, bars branchés et autres caberdouches louches de la capitale. Aujourd’hui, malgré un léger mal de crâne, je me la joue guide touristique à l’attention des amateurs d’escapades nocturnes arrosées dans les strotches du centre-ville. C’est parti pour un premier chapitre du Guide du soiffeur, édition 2008, avec un résumé des escales de la veille.

- L’Archiduc, rue Antoine Dansaert : Un bar Art déco qui compte parmi les mieux notés de la ville et dont Miles Davis fut, parait-il, un habitué. Fondé en 1937, il est toujours fréquenté par des personnalités et des artistes de premier plan, tant belges qu’étrangers (Frank Black y a encore pris un verre dernièrement). Pour entrer, il faut sonner, même en plein après-midi, ce qui donne à l’endroit un petit côté club privé. Confortablement installés dans les sofas, nous dégustons de délicieux cocktails sur fond de musique jazz en profitant de l’atmosphère tout simplement unique de l’endroit. Un must, cosy, romantique et smart.
- Le Roskam, rue de Flandre : Un stam café flamand typique, garanti sans touristes et géré par l’ancien patron du Monk. Nous prenons place dans cette grande salle enfumée et assez sombre, à la déco un peu rustique, où se presse une clientèle d’habitués. Jo, le barman aux faux airs d’Alain Whyte, s’improvise DJ et enchaîne Presley à Sinatra sous le regard admiratif des piliers du comptoir. En soirée, l’endroit sert manifestement de terrain de chasse à d’élégantes divorcées de 35/40 ans en quête de jeunes mâles vigoureux…
- Le Bizon, rue du Pont de la Carpe : Encore un bar flamand, mais à l’ambiance ouvertement plus rock’n’roll. La déco évoque un saloon du far-west, tout comme le look Buffalo Bill parfaitement assumé du barman. Accoudés nonchalamment à l’imposant comptoir, on écoute de la musique country ou de vieux albums de Bob Dylan et Neil Young en admirant la collection de tickets de concerts punaisée sur les poutres.
A noter : des concerts de blues et des jam sessions y ont lieu tous les lundis soirs.
Pour l’anecdote, c’est là que j’ai eu la pire cuite de toute ma vie (au Southern Comfort, une liqueur dont l’odeur suffit encore, sept ans plus tard, à me rendre malade).
572 commentaires
Quand tu penses que des bars rock, il y en a directement trois : le DNA (perso, je le trouve sordide), le Rock Classic (disneyland nu-métal) et ce truc à Jette situé dans une ancienne boucherie (ben, ouais : où ça ? qui ça ?), c’est quand même pas très la joie.
Quand au Roskam, putain : quel truc de pedzouilles genre qui lit De Morgen, s’habille comme en 40 et se prétend fan de John Coltrane dès qu’à la capitale mais mange du boudin pourri sur des parcours de courses cyclistes en trouvant Bart De Wever très vrai quand il rentre waar vlamingen echt thuis zijn à Weteren ou Zelzate.
Au sujet du DNA, faut voir un peu avec quel état d’esprit et à quel moment tu y vas. Certains soirs en semaine, d’accord, c’est le désert et c’est franchement déprimant, mais les soirs de concerts (surtout le samedi), quand c'est blindé de monde, il y une ambiance survoltée, électrique et crade (dans le sens rock'n'roll du terme) que, perso, j’aime beaucoup.
Le Rock Classic, c’est pas top, c'est clair, sauf si tu vas dans le bar à cocktails plus cosy, au fond. Le DJ y a une fois passé Violator en intégralité et c’était vraiment cool. Un autre soir, il a joué Pulse de Front 242 en entier (il avait reconnu Jean-Luc) et c’est un super souvenir… Ca n’arrive pas partout.
Quant au Roskam, il me semble que c’est surtout une clientèle de Flamands qui vivent à Bruxelles (comme au Monk, quoi), mais je peux me tromper…
Mais c’est clair que quand on est qu’à dix dans le bar, comme la dernière fois que tu es venu, et que parmi les dix clients tu as des gars comme Dop et Yeti, on se marre bien quand même. Et si en plus Frank nous balance un album de Ministry à fond, c’est la cerise sur le gâteau... ;-D
En fait, comme le disait Serge dans son premier commentaire, peu importe l’endroit pourvu que la compagnie soit bonne.
et aussi expliquer qui est Alain Whyte svp...
* stamenei (se prononce stameneille) : bruxellois pour estaminet.
* caberdouche : terme relativement péjoratif pour bistrot.
* strotches : petites rues, ruelles.
* stam café : un café d'habitués.
Quant à Alain Whyte, c'est un des guitaristes de Morrissey (et quand il passe à Bruxelles, il prend son verre au DNA - je le dis moi-même avant que Fabrice des Vogues intervienne pour le préciser...).
Le Rock Classic ,ce n'est plus ça..
(De Morgen =pas plus con que la DH)
le Markten (fermé pour l'h n'est pas mal, non plus)
Et le Bizon=bravo ,1000 x mieux que les trucs branchés à St Géry,faut évidemment laisser tomber le Southern Comfort et prendre une bête cerveza.
Dolle Mol est à revisiter si t'as pas peur des vieux poivrots...
(*) Pour ma part, je l’ai croisé dans des concerts aussi variés que les Cranes au VK, Hard-Fi à l’AB Club et Bryan Ferry à Lokeren... Et j'en oublie.
Je m'esclaffe.
J'ai passé les meilleures soirées de ma vie dans ce genre d'endroits, ou des agriculteurs imbibés essayent de t'échanger ta voiture contre 30 kg de viande de cheval et où il y a toujours un jukebox où Johhny passe en boucle.
C'est Chez Henri, rue de Laeken. Je suis passé devant jeudi soir. J’ai jeté un œil au cas où Grace Jones ou Famke Janssen serait là, mais sans succès.
« J'ai passé les meilleures soirées de ma vie dans ce genre d'endroits, ou des agriculteurs imbibés essayent de t'échanger ta voiture contre 30 kg de viande de cheval et où il y a toujours un jukebox où Johhny passe en boucle. »
Il y avait un café comme ça à Corroy-le-Château, sur la place, mais il a fermé pour de sombres histoires de racket et de trafic de drogues… C’est triste, c’était le dernier commerce du village.
(PS : pour une fois qu'il y a un sujet vraiment marrant et intéressant, ici...)
http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/201034/il-passe-a-cote-d-une-nuit-d-amour.html
Je croyais que c'était fermé, mais il semble que non...
http://www.kastelein.be
Passé là il y a 10 ans avec un pote, les mecs nous ont pris pour des tantes (de franskillionske jeanette), à la dixième tournée, c'est eux qui en avaient après notre cul :-D
Franchement, ça t'étonne ?
Je conseille également le petit bistrot un peu plus loin dans cette même rue de Flandres.
S.C., le fait de taxer le Roskam d'endroit de "pedzouilles" quand on semble apprécier le Chatelain et sa horde de beaufs ralflaurenisés, ça me rend perplexe...
Il n'empêche que cela reste assez lourd comme clique...
Je te laisse le fait que le Chatelain est un des très rares endroits où l'on peut apprécier une "bolleke" made in De Koninck!
Le Mir à cette époque, c'était pas la Doud' electro comme aujourd'hui. Si t'avais pas un beau chapeau, un gros cigare, trois tonnes de cernes et autant de coke dans la poche ainsi que ta main dans la culotte de Grace Jones, Le Chinois, il faisait grise mine jaune.
Tapez donc "Frank Black" + archiduc dans youtube.