Archives pour: Juin 2010
Mes nuits avec Géraldine, Jak, Loïc et les autres...
J’ai assisté ce mois-ci à deux petits concerts au sujet desquels j’ai envie de vous dire quelques mots.
. Tsuki Moon à Ixelles, au Théâtre de la Flûte Enchantée, le dimanche 6 juin.

Credit photo : (c) Frédéric Oszczak, SOFAM.
Tsuki Moon est le dernier projet en date de Géraldine Buxant, chanteuse, musicienne et touche-à-tout bien connue du milieu rock belge. Souvenez-vous, c'est dans Michel Drucker Experience qu'on a découvert cette vraie citadine, native de Charleroi et maintenant installée en plein centre de Bruxelles. On a ensuite suivi ce petit bout de femme au tempérament furieusement rock n’roll dans Plastic Think (je vous en parlais ici), plus brièvement ; mais elle a aussi été rock critic, manageuse, organisatrice de concerts, etc. Elle se lance maintenant dans une carrière de songwriter solo, avec la sortie d’un premier E.P., The sun will rise again, mixé par le guitariste des Vismets.
Pour l’un de ses tout premiers concerts sous la bannière de Tsuki Moon, Géraldine se produit une nouvelle fois dans le cadre intimiste et feutré des Soirées Cerises à la Flûte Enchantée, à ma connaissance le plus petit théâtre de Bruxelles (une trentaine de places assises maximum, à vue de nez). Pour l’occasion, elle est accompagnée du jeune guitariste et chanteur anglais Jak Raven, 21 ans au compteur, qui étudie la Musique à Brighton. Avec sa dégaine de rock-star sulfureuse à la Pete Doherty, ou Paul Simonon à qui il ressemble encore davantage, Jak apporte un véritable surplus de personnalité, de charisme et de feeling rock à la prestation de Tsuki Moon. C’est un public visiblement séduit qui écoute le duo interpréter les chansons de Géraldine (plus une compo perso de Jak, sur la fin), mélange adroit d'indie-rock et de folk mélancolique, quelque part entre l'univers d'une Cat Power, de Shannon Wright et de PJ Harvey. Le mariage de leurs deux jolies voix et la complémentarité de leur jeu de guitares réussissent à séduire l'assistance. A en juger par les regards complices qu’ils s’échangent, les musiciens passent, eux aussi, un excellent moment. Il faudra toutefois réentendre les chansons de Géraldine en live sans son partenaire d’un soir - Jak n’a pas vocation à faire partie du projet à plus long terme -, pour jauger de la viabilité de son set. Seule certitude en attendant : ses morceaux ont un potentiel énorme.
Pour l’anecdote, Jak Raven expliquait à l’issue du concert, joint au bec et Jup en main, qu’il n’avait pas de quoi rejoindre l’Angleterre et qu’il allait donc devoir faire la manche avec sa guitare dans Bruxelles, ou essayer de trouver des petits concerts à jouer pour pouvoir gagner de quoi reprendre l’Eurostar… Comme les Clash à Paris en 76.
. Loïc B.O. à Woluwe-Saint-Lambert, au Cook&Book, le mardi 29 juin.

Loïc B.O., c’est Loïc Bodson, le chanteur de Flexa Lyndo, un groupe namurois pour lequel j’ai beaucoup de sympathie (Slow Club, leur dernier album, était une vraie perle !). Même s’il m’a dit que Flexa préparait un nouvel opus, Loïc continue d’écrire et jouer en parallèle des chansons sous son seul nom. Il présentait hier son nouvel album, Million dreams (ci-dessus), à l’occasion d’un showcase dans la salle Musique du fameux libraire / restaurant / disquaire / bar Cook&Book, à Woluwe. Vu que j’habite à moins d’un kilomètre de là, et que je hante l’endroit à longueur d’année, je ne pouvais pas manquer cette soirée, d’autant que je n’avais plus vu Loïc en live depuis très longtemps (la dernière fois, ça devait être aux Nuits du Bota en 2005 ou 2006, je pense…).
Sur scène, Loïc est accompagné de trois musiciens - The Frantic Lovers - qui donnent corps à ses compositions. A sa droite, Emma Meurice (vue dans Me & My Machines et le groupe de Mark Gardener, entre autres) au violon et au piano, aussi en charge des secondes voix. A sa droite, la très grande (et très belle) Valérie Balligand, violoncelliste et choriste (vue aussi chez Nicola Testa, tout comme Emma). Et derrière ce joli trio, face à un mur de disques vinyles de Roxy Music, Otis Redding et les Talking Heads, trône l’élégant Kevin Guillaume (de Paperweight et d’autres), qui alterne la batterie, la… guitare, et même un peu de chant. Loïc, quant à lui, se partage entre son micro, sa six-cordes électrique et le piano à queue du Cook&Book.
La musique que proposent ces quatre-là peut se résumer par un mot : envoutante. Face à la petite cinquantaine de personnes présentes (la salle ne peut pas en accueillir beaucoup plus…), ils ont joué avec le même sérieux et la même passion que s’ils chantaient devant l’Ancienne Belgique comble. Malgré une chaleur suffocante - qui incitera certains spectateurs à plutôt écouter le concert depuis la terrasse extérieure -, ils nous ont régalés de leurs mélodies légères, de leurs atmosphères délicates, de leurs ambiances vaporeuses et de leurs vocalises éthérées. En vérité, j’ai parfois eu l’impression d’entendre du Flexa Lyndo période Live au Théâtre de Namur - un disque que j’adore -, mais sans les parties de guitares post-rock. C'était tout simplement beau.
Tsuki Moon et Loïc B.O. sont deux projets que je retournerai voir en live dès que possible.
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