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Tueries du Brabant : le dossier, le complot, les noms

Permalien 06/02/10 10:33 , Catégories: Saines lectures

Je lis Tueries du Brabant : le dossier, le complot, les noms, l’ouvrage que le journaliste flamand Guy Bouten a consacré à l’affaire politico-criminelle belge la plus mystérieuse des années 80. Cette imposante brique de près de 900 pages, parue aux Editions de l’Arbre, n’est pas qu’une compilation des informations, hypothèses et supputations publiées depuis vingt-cinq ans dans la presse, Guy Bouten a repris l’enquête à zéro. Patiemment, pendant cinq longues années, il est retourné voir tous les intervenants de l’affaire : le procureur, le juge, les enquêteurs, les témoins, mais aussi les suspects, et les a soumis à des interrogatoires impromptus (pour éviter d’être éconduit, il débarque chez la plupart des protagonistes à l’improviste, sans avoir fixé de rendez-vous). Et presque trente ans après les premiers faits, certaines langues se délient. Au fil des pages, de nombreuses informations et détails inédits sont révélés : des noms, des bribes de nouvelles infos, parfois en contradiction avec ce qui figure dans le dossier. On commence à y voir un peu plus clair sur ce qui a pu motiver les Tueries, qui a pu faire partie de la bande, mais aussi qui a fait capoter l’enquête et pourquoi.

Au travers de ces entretiens rigoureux, c’est à une plongée passionnante dans le milieu trouble de la Belgique des années 80 que l’auteur nous convie : les groupuscules d’extrême-droite ayant infiltré la gendarmerie, les ballets roses impliquant des personnalités de la magistrature et du sommet de l’Etat ; une vie nocturne interlope bruxelloise où se croisent, sous le regard bienveillant des agents de la Sûreté, des ministres, des juges, des flics ripoux, des truands notoires et même un membre de la famille royale. Sans oublier l'omniprésence de l'ombre de la CIA. Autant de pistes qui ont été, selon Bouten, délibérément négligées à l’époque.

Je vous en livre un petit extrait amusant :

Un grand bonhomme corpulent portant la moustache typique de gendarme, un bandage sale sur la main droite et le poignet gauche, une Marlboro au coin de la bouche m’attend stoïquement. Il boit un café et commence par des anecdotes à propos de ses fameux amis.
Comment il avait couvert Bouhouche lorsque celui-ci avait vidé son
Parabellum 9mm chargé de balles à tête creuses sur un Grec qui refusait de s’arrêter pour un contrôle d’identité.
Comment Buslik, à l’aide d’une échelle de corde, installa un micro dans le système de ventilation d’une chambre d’hôtel, pour écouter Marcel Castris, le lieutenant de Farcy, pendant qu’il batifolait avec Dominique Lhoir, la petite amie du commandant François.

« Castris couchait ses 130 kilos sur son corps frêle. On a décidé de faire une perquisition en défonçant la porte. Il était comme enragé et, elle, on aurait dit une furie, t’aurais dû la voir, nue et belle comme tout avec ses cheveux noirs et sa chatte appétissante comme une fraise sur un lit de chantilly. »

Il rit sans relâche. Ce qui me frappe, c’est sa petite bouche et ses oreilles pointues, son gros nez et le crâne chauve. Ses collègues appréciaient sa loyauté et sa fidélité. Un chien qui obéit aux ordres de son maître.

(Extrait de l’interview du gendarme Christian Amory, chapitre 44, Un ancien de la brigade Diane).

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Ex-rédacteur en chef de Pop-Rock.com, blogueur polémiste à mi-temps, papa-poule, réac sarkozyste et gros beauf supporter de foot le reste du temps, Jérôme Delvaux est décidément un drôle de coco.

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